Rencontre avec des représentants des associations religieuses de Russie, 25.10.23

Valerik
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Rencontre avec des représentants des associations religieuses de Russie, 25.10.23

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Vladimir Poutine accueille des représentants des associations religieuses russiennes dans la salle Catherine du Kremlin, le 25 octobre 2023

Participants

KIRILL - Patriarche de Moscou et de toute la Russie

GRIGORIY - Métropolite de Voskressensk, Chef du service administratif du Patriarcat de Moscou

LEGOÏDA Vladimir Romanovitch - Président du Département synodal du Patriarcat de Moscou pour les relations de l'Eglise avec la gent et les médias

TAJOUDDINE Talgate - Président (Mufti suprême) du Conseil spirituel central des musulmans de Russie

GAÏNOUTDINE Ravil - Mufti, président de l'Administration spirituelle des musulmans de la Fédération russienne, président du Conseil des muftis de Russie

BERDIÏEV Ismaïl - Mufti, Président du Centre de coordination des musulmans du Caucase du Nord

AYOUSHEÏEV Damba Badmaïevitch - Pandito Khambo-lama, Chef de la Sangha traditionnelle bouddhiste de Russie

LAZAR Berl - Grand rabbin de Russie (Fédération des communautés juives de Russie)

BORODA Alexandre Moïsséevitch - Rabbin, Président de la Fédération des communautés juives de Russie

SUSSAÏKOV Ivan Youriévitch - Rabbin, Vice-président du Congrès des organisations et associations religieuses juives de Russie

IEZRAS - Archevêque, Chef du diocèse Russien et Novo-Nakhitchevanien de l'Église apostolique arménienne

KORNILIY - Métropolite de Moscou et de toute la Russie de l'Église orthodoxe russe des vieux-croyants

RYAKHOVSKIY Serguéy Vassilievitch - évêque principal de l'Union russe des chrétiens de foi évangélique (pentecôtistes)

Discours de Vladimir Poutine

Chers amis, bonjour !

J'ai pensé qu'il était très important de vous rencontrer et, tout d'abord, je tiens à vous remercier tous pour votre soutien aux forces armées de la Fédération russienne, pour votre soutien aux Forces armées de la Russie et pour votre soutien à nos combattants, à leurs familles, à tous ceux qui se battent pour la Russie dans le cadre de l'Opération militaire spéciale. C'est la première chose, j'y reviendrai.

Ensuite, je voulais vous parler des événements au Moyen-Orient, dans d'autres régions du monde, mais d'abord, bien sûr, au Moyen-Orient, parce que cela nous concerne.

Nous suivons tous avec anxiété et douleur la situation tragique en Terre sainte, qui revêt une importance sacrée pour les chrétiens, les musulmans, les juifs — pour les adeptes des plus grandes religions traditionnelles du monde.

Le nouveau cycle du conflit israélo-palestinien a déjà fait des milliers de morts.

La Russie a connu et sait ce qu'est le terrorisme international. Nous savons ce que c'est. Nous ressentirons toujours l'amertume des pertes irremplaçables subies par notre pays au cours des années de lutte contre le terrorisme international.

Je souhaite sincèrement exprimer mes condoléances aux familles d'Israéliens et aux citoyens d'autres pays dont les proches ont été tués ou blessés lors de l'attentat du 7 octobre dernier.

Mais il est également clair pour nous que des personnes innocentes ne doivent pas être tenues pour responsables de crimes commis par d'autres. La lutte contre le terrorisme ne peut être menée selon le fameux principe de la responsabilité collective, alors que des personnes âgées, des femmes, des enfants, des familles entières sont également tués, et que des centaines de milliers de personnes se retrouvent sans abri, sans nourriture, sans eau, sans électricité et sans soins médicaux. Il s'agit d'une véritable catastrophe humanitaire.

La position de la Russie sur le conflit israélo-palestinien est bien connue et a été exprimée très clairement à de nombreuses reprises. Elle n'est pas de nature conjoncturelle liée à la situation actuelle. Elle se fonde sur les décisions du Conseil de sécurité des Nations unies, qui prévoient la création de deux États indépendants et souverains — Israël et la Palestine. C'est la clé d'un règlement fondamental à long terme et de la paix au Moyen-Orient. Telle était et est la position traditionnelle d'abord de l'Union soviétique, ensuite de la Russie depuis 1948.

Notre tâche aujourd'hui, notre tâche principale, est de mettre fin à l'effusion de sang et à la violence. Sinon, la poursuite de l'escalade de la crise est lourde de conséquences graves et extrêmement dangereuses et destructrices. Et pas seulement pour la région du Moyen-Orient. Elle pourrait s'étendre bien au-delà des frontières du Moyen-Orient. C'est ce que j'ai souligné à plusieurs reprises dans mes discours et au cours de nombreuses conversations téléphoniques et réunions en tête-à-tête avec les chefs d'État du Moyen-Orient et d'autres pays.

Dans le même temps, certaines forces tentent de provoquer une nouvelle escalade, d'attirer autant de pays et de peuples que possible dans le conflit, de les utiliser dans leurs propres intérêts égoïstes, de lancer une véritable vague de chaos et de haine mutuelle non seulement au Moyen-Orient, mais aussi bien au-delà de ses frontières. Pour ce faire, ils tentent notamment de jouer sur les sentiments nationaux et religieux de millions de personnes. Cette politique est d'ailleurs mise en œuvre depuis longtemps, bien avant la crise actuelle.

On oppose les musulmans aux juifs et on appelle à la "guerre contre les infidèles". Les chiites sont opposés aux sunnites, les orthodoxes aux catholiques. En Europe, on ferme les yeux sur les sacrilèges et le vandalisme des lieux saints musulmans. Dans un certain nombre de pays, les criminels nazis et les antisémites, dont les mains sont couvertes du sang des victimes de l'Holocauste, sont glorifiés ouvertement et officiellement. En Ukraine, ils travaillent à l'interdiction de l'Église orthodoxe canonique et à l'approfondissement de la scission de l'Église.

À mon avis, le but de toutes ces actions est évident — multiplier l'instabilité dans le monde, diviser les cultures, les peuples, les religions du monde, provoquer un conflit de civilisations — tout cela selon le principe bien connu de "diviser pour mieux régner". Et en même temps, ils parlent d'un "nouvel ordre mondial", dont l'essence est en fait la même : hypocrisie, double standard, revendications d'exclusivité, de domination mondiale, de préservation d'un système essentiellement néocolonial.

L'Occident constate que le processus de formation d'un ordre mondial multipolaire prend de l'ampleur. Et pour entraver le développement de pays indépendants et souverains et diviser la majorité mondiale, il utilise les mêmes moyens, notamment l'islamophobie, l'antisémitisme et la russophobie.

Bien entendu, ces forces, qui poursuivent ou tentent de poursuivre une telle politique, profitent de l'épidémie de violence et de haine qui se propage non seulement au Moyen-Orient, mais aussi dans d'autres régions, de sorte que les anciens points chauds de l'Eurasie deviennent plus aigus et que de nouveaux émergent.

En conduisant, dans la grande part, le conflit au Moyen-Orient, en alimentant et en provoquant le nationalisme et l'intolérance religieuse dans le monde entier, ces mêmes forces poursuivent bien sûr leurs objectifs hostiles à l'égard de notre pays. Et ces objectifs sont ouvertement déclarés par les cercles dirigeants de certains pays — pour nous infliger, comme ils le disent, une "défaite stratégique". Il n'y a là rien de nouveau non plus. Ils ont besoin que le Moyen-Orient et tous les autres conflits religieux et nationaux dans le monde soient directement ou indirectement liés, d'une manière ou d'une autre, à la Russie ou, plus précisément, qu'ils frappent la Russie et notre société. C'est pourquoi ils utiliseront des mensonges et des provocations, des raisons externes et internes pour affaiblir et diviser notre société, pour mettre le feu aux querelles nationales et religieuses dans notre pays.

J'insiste sur le fait qu'aujourd'hui, les leaders de l'opinion publique, les chefs des partis politiques et des associations publiques, les chefs des régions de notre grand pays, les pasteurs des religions traditionnelles et toutes les institutions de la société civile portent une responsabilité colossale pour l'avenir de la Russie.

Chacun d'entre nous, dans ses paroles et ses actes, doit partir de l'essentiel — quel est l'essentiel ? — des intérêts fondamentaux de notre propre peuple multinational, en gardant toujours à l'esprit que l'harmonie interethnique et interreligieuse est la base de l'État russien. Toute autre position a une orientation et une composante antirussiennes.

Je sais que pour nous tous, pasteurs, chefs spirituels des chrétiens, des musulmans, des bouddhistes et des adeptes du judaïsme, un tel accord, l'unité de notre société, est une valeur inconditionnelle.

Je vous remercie pour cette position de principe et je tiens à souligner la grande attention que vous portez au travail éducatif et au développement du dialogue interreligieux. Les représentants des confessions mettent en œuvre ensemble des projets sociaux et caritatifs, - je reviens encore une fois à mon point de départ - ils apportent leur soutien aux participants de l'Opération militaire spéciale et à leurs proches. La contribution de nos religions traditionnelles au renforcement des valeurs familiales, à l'éducation patriotique des jeunes et, bien sûr, au développement harmonieux des relations interethniques fondées sur l'harmonie et la compréhension mutuelle entre des personnes d'ethnies, de traditions et de confessions différentes est également considérable.

Permettez-moi d'insister une fois de plus : nous sommes un seul peuple, nous avons une seule patrie. Et nous sommes tous responsables de son bien-être et de sa sécurité.

Je propose que nous parlions sur ce sujet.

Source : le site web du Kremlin

Traduit par Valerik
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